mercredi 12 mars 2014
L'abandon de Dieu
Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné... Jean 3, v. 16.
Le salut ne consiste pas uniquement dans la délivrance du péché, ni dans la sanctification personnelle. Le salut que Dieu nous donne, c'est l'entière délivrance de nous-mêmes par l'union totale avec Lui. Sans doute c'est quand je suis délivré de mon péché et que j'acquiers la sainteté que je me rends compte de mon salut. Mais le sens profond et ineffable du salut, c'est que j'entre en contact, grâce à l'Esprit de Dieu, avec Dieu Lui-même, et qu'ainsi quelque chose d'infiniment plus grand que moi, l'abandon total de Dieu à sa créature, me pénètre, m'enveloppe et me saisit.
Quand nous disons que nous sommes appelés à prêcher la sainteté, la sanctification, nous prenons l'accessoire pour l'essentiel. Nous sommes appelés à proclamer Jésus-Christ. S'il nous sauve du péché et s'il nous sanctifie, ce n'est là qu'un des résultats de l'abandon, du merveilleux abandon de Dieu.
L'abandon véritable ne peut nous procurer aucun sentiment d'effort, parce que toute notre vie est absorbée par Celui auquel nous l'abandonnons : ne parlez pas de l'abandon si vous ne le connaissez pas. Et vous ne pouvez pas le connaître, tant que vous n'aurez pas saisi ce fait que Dieu a tant aimé le monde qu'Il s'est donné à nous Lui-même totalement. Nous devons nous aussi nous abandonner à Dieu totalement, sans nous préoccuper des conséquences, car notre vie doit être absorbée dans la sienne.
lundi 10 mars 2014
La vision divine
Je ne voulus pas désobéir à la vision céleste. Actes 26, v. 19.
Lorsque nous perdons la vision de Dieu, c'est toujours notre faute : c'est que notre âme est une outre percée. Si notre foi ne se traduit pas en activité pratique, la vision s'évanouit. Obéir à la vision céleste, c'est nous donner tout entiers, pour qu'Il règne; c'est maintenir la vision toujours sous nos yeux; non pas seulement durant nos prières ou nos réunions religieuses, mais pendant les soixante secondes de toutes nos minutes.
"Si elle tarde, attends-la." Ce n'est pas à nous d'accomplir la vision. C'est à nous d'attendre, fidèlement, jusqu'à ce qu'elle s'accomplisse. Mais une fois plongés dans la vie pratique, nous oublions ce que nous avions vu. Au début, la vision semblait nous suffire, nous ne savions pas attendre qu'elle s'accomplît. Nous nous sommes jetés dans l'activité concrète, et quand la vision s'est accomplie, cela nous a échappé. Savoir attendre que la vision s'accomplisse, c'est la preuve que nous sommes fidèles à Dieu. La vie de notre âme est en danger quand nous ne savons pas attendre, absorbés que nous sommes par le travail pratique.
Dieu nous sème dans la tempête. Serez-vous une graine stérile ? Cela dépend de votre fidélité à la lumière que vous avez reçue. C'est Dieu qui doit vous semer, vous projeter au bon endroit. Si vous voulez choisir vous-même votre endroit, vous serez une graine stérile. Si Dieu vous sème, vous porterez du fruit.
Marchez pas à pas selon la lumière reçue.
jeudi 6 mars 2014
Le rayonnement inaltérable
Parmi toutes ces détresses, nous sommes plus que vainqueurs, par l'amour de Celui qui nous a aimés sur la croix. Romains 8, v. 37
Paul parle ici de tout ce qui semblerait devoir s'interposer et faire obstacle entre l'enfant de Dieu et l'amour de Dieu. Mais, chose merveilleuse ! rien ne peut jamais s'interposer entre eux. Sans doute il y a des obstacles qui viennent gêner les manifestations de notre piété envers Dieu; mais aucun d'eux n'a le pouvoir de séparer de Dieu l'âme de Son enfant. Le rocher sur lequel est fondée notre foi, c'est l'amour prodigieux, c'est le miracle du Calvaire. Voilà pourquoi nous sommes "plus que vainqueurs" en toutes nos détresses, et ces détresses elles-mêmes, au lieu de nous terrasser, ne font qu'augmenter notre joie.
Triompher d'un obstacle, c'est en tirer un surcroît de joie. Au lieu de chercher avant tout à supprimer nos détresses, sachons en tirer ce surcroît de joie. Par Celui qui nous a aimés, nous sommes plus que vainqueurs, non pas en dépit de nos détresses, mais grâce à elles, au sein même de nos misères. "Je déborde de joie, dit Paul, au milieu de toutes mes épreuves."
Le rayonnement de notre âme ne provient pas de choses humaines et passagères, mais de l'amour de Dieu que rien ne peut ternir. Les circonstances de notre vie, tragiques ou monotones, ne peuvent rien contre l'amour de notre Dieu, manifesté en Jésus-Christ.
mercredi 5 mars 2014
Dans la banalité du terre à terre
Par une grande patience dans les afflictions, dans les détresses, dans les angoisses... II Corinthiens 6, v. 4.
Il vous faut toute la grâce du Dieu Tout-Puissant pour aller de l'avant lorsque vous n'avez ni élan intérieur ni encouragement extérieur; pour aller de l'avant dans votre vie religieuse, dans votre travail intellectuel, ou bien dans les besognes de la cuisine; pour aller de l'avant dans l'accomplissement de votre devoir, quand vous n'avez point d'inspiration, point d'enthousiasme, point de spectateurs. Pour aller de l'avant dans ces conditions, la grâce de Dieu, à laquelle vous vous suspendez de toute votre énergie, vous est encore bien plus nécessaire que pour prêcher l'Évangile.
Tout chrétien doit participer en quelque mesure à l'oeuvre de l'Incarnation. Il s'agit pour lui de réaliser sa vision intérieure dans la vie concrète, en mettant hardiment la main à la pâte. Nous fléchissons quand nous ne sentons plus en nous ni élan ni inspiration, mais la fastidieuse et banale monotonie de la tâche quotidienne. Pour que nous aboutissions à des résultats positifs, soit à I'égard de Dieu soit à l'égard des hommes, c'est la persévérance qu'il nous faut, le travail assidu et constant caché à tous les yeux. Mais pour cela, pour ne pas se laisser écraser par la vie, il faut vivre en regardant sans cesse à Dieu. Demandez à Dieu de voir sans cesse devant vous le Christ ressuscité, et les tâches les plus banales et les plus terre à terre ne parviendront pas à vous obscurcir. Pensez toujours à votre Maître lavant les pieds de ses douze compagnons.
mardi 4 mars 2014
Jésus est-il mon Seigneur ?
Que m'importe la vie, pourvu que j'accomplisse ma course, et la tâche que j'ai reçue du Seigneur Jésus. Actes 20, v. 24.
Paul ne demande qu'une chose : la satisfaction d'accomplir jusqu'au bout la tâche que le Seigneur lui a prescrite. Je ne dois pas chercher ma joie dans le succès, mais dans le parfait achèvement de ce que Dieu avait en vue quand il m'a créé et m'a régénéré. Notre Seigneur mettait sa joie à faire ce pour quoi son Père l'avait envoyé. "Comme mon Père m'a envoyé, dit-il, moi aussi je vous envoie." Si le Seigneur m'a confié une tâche, je dois m'y vouer tout entier, et n'attacher de prix à ma vie que pour l'accomplissement de cette mission. Quelle joie vous aurez, quand vous entendrez Jésus vous dire : "Cela va bien, bon et fidèle serviteur." Nous avons tous à trouver notre emploi dans la vie, et au point de vue spirituel nous le trouvons dans la mission que nous recevons du Seigneur. Pour cela, il faut avoir vécu dans la compagnie de Jésus, avoir trouvé en lui plus que notre salut personnel. "Je lui ferai connaître ce qu'il doit souffrir pour l'amour de moi."
"M'aimes-tu?" alors "pais mes brebis." Nous n'avons pas à choisir notre tâche. Nous avons à nous consacrer à celle que le Seigneur nous donne, dans un moment de communion directe avec Dieu. L'appel des circonstances n'est jamais l'appel du Seigneur, mais seulement l'occasion d'agir. Dieu vous appelle directement. Cela n'implique pas que tout le programme de votre mission soit tracé d'avance. Mais cela signifie que vous devez mettre résolument de côté toute autre tâche qui pourrait s'offrir à vous.
dimanche 2 mars 2014
L'eschatologie
Par eschatologie, la tradition biblique entend l'intervention dernière de Dieu dans l'histoire humaine. Cette ultime venue se caractérise notamment par la tenue du jugement dernier et la résurrection des morts. Cette eschatologie traditionnelle que les premiers chrétiens ont héritée du judaïsme, confère à la venue de Dieu une envergure cosmique : elle met fin à l'histoire et au monde tel qu'il existe; elle fait advenir un monde nouveau. Le 4ème évangile connaît cette attente. Sans l'exclure ou la condamner, il opère un déplacement significatif : le jugement, la résurrection des morts, le don de la vie éternelle ne sont plus des évènements appelés à se produire dans un avenir lointain, mais ils ont lieu ici et maintenant dans la rencontre de Jésus, l'Envoyé de Dieu.
Avez-vous senti la blessure ?
Jésus lui dit pour la troisième fois : "M'aimes-tu ?" Jean 21, v. 17.
Avez-vous senti la blessure de la parole du Seigneur, au tréfonds de votre âme, ce point sensible par excellence, mais que rien n'atteint, ni le diable, ni le péché, ni aucune influence humaine, rien, sinon la parole de Dieu. "Pierre fut attristé de cette question : "M'aimes-tu ?" renouvelée à trois reprises." Il sentait enfin au fond de lui-même un attachement véritable pour son Maître, et il devinait le sens de cette patiente répétition. Toute illusion sur lui-même avait disparu. Il ne pouvait plus être question de protestations de dévouement, il se rendait enfin compte qu'il aimait profondément le Seigneur, et il le lui disait ainsi : "Seigneur, tu sais toutes choses." Mais il ne disait plus : "Voilà ce que je ferai; voilà les preuves de mon amour." Pierre commençait à découvrir la profondeur de son amour pour Jésus, que Jésus était plus pour lui que tout au monde, au ciel ou sur la terre. Mais il avait fallu pour cela cette interrogation pénétrante, douloureuse, blessante, de Jésus. Les questions que le Seigneur nous pose nous révèlent ce qu'il y a en nous.
Quelle maîtrise, quelle rectitude, quel art admirable Jésus a déployé à l'égard de Pierre! Notre Seigneur sait à quel moment il lui faut poser les questions. Une fois au moins dans notre vie, il arrivera sans doute qu'il nous mettra ainsi au pied du mur, il nous blessera avec ses questions acérées, et nous découvrirons alors que nous l'aimons beaucoup plus profondément qu'aucune parole ne peut le faire voir.
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