vendredi 12 décembre 2014

La personnalité



Qu'ils soient un, comme nous sommes un. Jean 17, v. 22.
La personnalité est cet élément original, unique, échappant à tout calcul, et qui nous distingue, chacun, de tous les autres. Les limites de notre personnalité s'éloignent sans cesse, aussi ne pouvons-nous la saisir. Une petite Île qui émerge au milieu de la mer peut être le sommet d'une grande montagne. La personnalité est à l'image de cette Île; nous ne savons rien des profondeurs où elle s'étend, c'est pourquoi nous ne pouvons pas juger de ce que nous valons. Il nous semble d'abord que nous pouvons le faire, et puis nous réalisons que Dieu seul, notre créateur, nous comprend.
La personnalité est le propre de l'homme spirituel, comme l'individualité est le propre de l'homme naturel. Pour définir notre Seigneur, on ne peut parler d'individualité, d'indépendance, mais seulement en termes de personnalité : "Moi et le Père, nous sommes un." La personnalité ne s'épanouit qu'en communion intime avec une autre personnalité. Lorsque l'amour ou l'Esprit de Dieu saisit un homme, il est transformé et il ne se préoccupe plus de son individualité. Le Seigneur n'a jamais pris en considération l'individualité de l'homme, son individualisme égoïste. C'était la personne qu'il avait en vue : "Qu'ils soient un comme nous sommes un." Si vous abandonnez à Dieu votre droit sur vous-même, la vraie nature de votre personnalité répond aussitôt à la voix de Dieu. Jésus-Christ affranchit la personnalité et l'individualité est transfigurée. Ce qui la transfigure, c'est l'amour et la communion personnelle avec Jésus. L'amour est la fusion de deux personnalités.

Le critère de la vraie foi

La faiblesse de n'importe quelle foi réside dans sa facilité à devenir idolâtre. L'esprit humain, dit Calvin, est une fabrique qui produit continuellement des idoles. On le constate pour tous les types de foi, y compris le protestantisme qui en est particulièrement conscient. Des déformations idolâtres le menacent aussi. Il doit s'appliquer à lui-même le critère dont il se sert pour juger les autres formes de foi. Chaque type de foi a tendance à attribuer une validité absolue à ses symboles concrets. Impliquer un élément d'autocritique constitue par conséquent le critère le plus décisif : le symbole qui convient le mieux manifeste non seulement l'ultime [ce que l'homme recherche au plus profond de lui-même] mais aussi qu'il n'est pas lui-même ultime.

A la différence de toutes les autres religions, le christianisme possède pleinement ce symbole avec la croix du Christ. Jésus n'aurait pas pu être le Christ s'il ne s'était pas sacrifié lui-même, en tant que Jésus, à lui-même en tant que Christ. reconnaître le Christ en Jésus sans accepter Jésus le crucifié est une forme d'idolâtrie (Matthieu 16:16-23). Ce qui concerne ultimement le chrétien n'est pas Jésus, mais le Christ Jésus que manifeste le crucifié. L'événement qui a créé ce symbole fournit le critère selon lequel on doit juger la vérité du christianisme et celle de n'importe quelle religion. [...] Le protestantisme critique l'Eglise romaine au nom de ce critère. A l'époque de la Réforme, la division des Eglises ne vient pas des formulations doctrinales, mais de la redécouverte du principe qu'aucune Eglise n'a le droit de prendre la place de l'ultime. [...] Ce critère s'identifie au principe protestant et devient réalité dans la croix du Christ - d'où la grandeur du christianisme protestant.

dimanche 7 décembre 2014

Le temple du Saint-Esprit



... Le trône seul m'élèvera au-dessus de toi. Genèse 41, v. 40.
Je dois rendre compte à Dieu de la manière dont je gouverne mon corps sous sa domination. Paul dit qu'il ne veut pas "rejeter la grâce de Dieu", - la rendre inefficace. La grâce de Dieu est absolue, le salut en Jésus est parfait, éternel. Mon salut n'est pas à venir, je suis sauvé; le salut est aussi éternel que le trône de Dieu. Ce que j'ai à faire de mon côté, c'est d'élaborer dans ma vie l'oeuvre que Dieu accomplit en moi. "mettez en oeuvre votre salut", c'est là ma responsabilité. Cela signifie que je dois manifester dans mon corps la vie du Seigneur Jésus, non pas d'une manière mystique, mais d'une façon réelle et concrète. "Je traite durement mon corps, et je le tiens assujetti", dit l'apôtre Paul (I Corinthiens 9, v. 27). Tout chrétien peut discipliner son corps au service de Dieu. Dieu nous a rendus capables de tenir en parfait état ce temple du Saint-Esprit, de gouverner notre imagination et notre sensibilité. Nous sommes responsables de nos affections et nous ne devons jamais laisser entrer dans ce temple des attachements coupables. Nous sommes souvent plus sévères pour les autres que pour nous-mêmes. Nous excusons volontiers nos propres défauts, mais condamnons chez les autres des péchés vers lesquels nous ne sommes pas attirés.
"Je vous exhorte, écrit Paul, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant..." (Romains 12, v. 1). Le point important est celui-ci : Suis-je disposé à offrir mon corps pour que Dieu en fasse le Temple du Saint-Esprit ? Tout est là.

La loi des antagonismes





"A celui qui vaincra..." Apocalypse 2, v. 7.
Toute vie suppose un combat; c'est un fait, que ce soit dans le domaine de la grâce ou de la nature, qu'il s'agisse de la vie du corps, de la vie mentale, de la vie morale ou spirituelle. La santé est un équilibre entre notre organisme et le monde environnant. Elle se maintient si notre vitalité est suffisante pour résister aux attaques extérieures - qui toutes sont capables de nous détruire. Les éléments qui me soutiennent et me renouvellent tant que je suis en vie, désagrègent mon organisme dès ma mort. Si j'ai une vitalité suffisante, je garde cet équilibre qu'est la santé. Il en est de même pour la santé mentale. Si je veux avoir une santé mentale vigoureuse, je dois lutter, et il en résulte cet équilibre qui s'appelle une pensée saine.
C'est également vrai dans le domaine moral, car il y a en moi antagonisme entre le bien et le mal. La victoire sur le mal et la pratique du bien dépendent de ma vigueur morale. Dès que je lutte, le bien l'emporte. Personne n'est vertueux malgré lui; la vertu s'acquiert.
C'est le même phénomène dans le domaine spirituel. Jésus a dit : "Vous aurez des tribulations dans le monde", cela veut dire que toutes les forces contraires à la vie spirituelle seront dressées contre vous, mais : "Prenez courage, j'ai vaincu le monde." Je dois apprendre à conquérir tout ce qui s'oppose à la croissance spirituelle pour parvenir ainsi à cet équilibre qui s'appelle la sainteté; alors le combat lui-même devient joie. La sainteté est l'équilibre entre mes dispositions naturelles et la loi de Dieu manifestée en Jésus-Christ.

Ni par la puissance, ni par la force




Et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance. I Corinthiens 2, v. 4.
Si, en prêchant l'Évangile, vous substituez vos propres convictions quant à l'explication de la voie du salut, au lieu de compter sur la puissance même de l'Évangile, vous empêchez ceux qui vous écoutent d'en saisir la réalité. En exposant aux autres le chemin du salut, soyez bien conscients que vous devez être vous-mêmes enracinés et fondés dans la foi en Dieu. Ne vous fiez jamais à la clarté de votre exposé, mais veillez à ne compter que sur le Saint-Esprit. Fiez-vous entièrement à la puissance rédemptrice de Dieu, et il communiquera aux âmes sa propre vie.
Quand vous êtes enracinés dans la vérité, rien ne peut plus vous ébranler. Si votre foi repose sur des expériences, elle sera susceptible d'être mise en question au premier accident de parcours. Mais rien ne peut ébranler Dieu, ni la toute-puissante réalité de la Rédemption. Que votre foi soit basée sur ce fondement, et vous serez dans une sécurité complète. Une fois que vous avez établi une relation personnelle avec Jésus-Christ, rien ne peut plus vous faire dévier. C'est en cela que consiste la sanctification. Dieu ne désire pas que nous considérions la sanctification comme une "expérience", notre sanctification n'est jamais parfaite, mais elle a toujours besoin d'être sanctifiée à nouveau (voir Jean 17, v. 19). Je dois résolument livrer à Dieu ma vie sanctifiée, pour qu'il s'en serve à sa guise et m'emploie comme un instrument docile.

La perfection chrétienne





Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection... Philippiens 3, v. 12.
Il y a quelque danger à s'imaginer que Dieu veut faire de nous des spécimens accomplis de ce qu'il peut produire. Le dessein de Dieu est de nous unir à lui. Certains mouvements pieux ont tendance à croire que Dieu veut réaliser des saints modèles, qu'il pourrait ensuite exposer dans son musée. En recherchant en premier lieu votre sainteté personnelle, Dieu lui-même n'est pas le but final de votre vie, mais ce que vous considérez être la manifestation de Dieu en vous. "Cela ne peut pas être la volonté de Dieu que je sois malade", dites-vous. Mais si la volonté de Dieu a été que son propre Fils soit meurtri, pourquoi ne vous meurtrirait-il pas vous aussi ? Ce qui servira la cause de Dieu, ce n'est pas votre notion de la sainteté, mais votre communion intime avec Jésus, et votre abandon total à sa volonté, que vous soyez bien portant ou malade.
La perfection chrétienne n'est pas, et ne sera jamais, la perfection humaine. La perfection chrétienne est une relation intime avec Dieu qui se manifeste à travers les cheminements de la vie humaine. Quand vous obéissez à l'appel de Jésus, vous êtes frappé de l'étrangeté des choses que vous avez à faire, et ensuite de cet autre fait que ceux qui vous entourent semblent vivre sans Dieu et mener une vie parfaitement logique et raisonnable. De telles vies peuvent vous suggérer l'idée que Dieu est inutile, que par des efforts humains et du dévouement on peut atteindre à l'idéal divin. Mais dans un monde déchu, cela est impossible. Je suis appelé à vivre dans une communion parfaite avec Dieu, de telle sorte que ma vie fasse envie aux autres, sans attirer sur moi l'admiration. Plus je pense à moi et moins Dieu peut se servir de moi