vendredi 29 avril 2016

L'ambition dominante du serviteur de Dieu




C'est pourquoi je fais tout... pour être par Lui agréé. II Corinthiens 5, v. 9.

C'est par un effort intense que nous avons à maintenir toujours en première ligne notre ambition dominante, à ne jamais perdre de vue notre haut idéal, à n'avoir enfin l'ambition ni de gagner des âmes, ni de fonder des Églises, ni de susciter des réveils, mais la seule ambition d'être agréé par Jésus. Ce qui nous amène à la banqueroute, ce n'est pas tant les lacunes de notre vie "religieuse" que le manque d'efforts pour tendre toujours droit au but. Une fois par semaine au moins, faites votre inventaire, voyez où vous en êtes, et s'il peut vous agréer. Paul est comme un musicien qui ne s'inquiète pas de ce que pense l'auditoire, mais qui regarde au chef d'orchestre pour voir si celui-ci l'approuve.
Si notre ambition n'est pas rigoureusement celle-là : chercher l'approbation de Dieu, nous risquons d'être en fin de compte des réprouvés. Apprenez à voir clairement où tend votre ambition, et vous comprendrez pourquoi il est tellement indispensable de se placer toujours en présence de Jésus-Christ. Je tiens mon corps assujetti, dit Paul, de peur qu'il ne se précipite dans un mauvais chemin.
Il me faut apprendre à tout subordonner en moi à cette ambition dominante. Ce que je puis avoir, aux yeux de Dieu, de valeur parmi les hommes, dépend de ce que vaut ma vie intérieure et cachée. Mon ambition est-elle d'être agréé par Lui, ou bien, si noble soit-elle, est-elle inférieure à cet idéal ?

Le tribunal suprême




Car nous devons tous comparaître devant le tribunal du Christ. II Corinthiens 5, v. 10.

Tous, dit Paul, prédicateurs aussi bien qu'auditeurs, nous aurons à comparaître. Si vous apprenez dès maintenant à vivre dans la pure lumière du Christ, lorsque viendra le jugement, vous aurez la joie de constater ce que Dieu aura fait dans votre âme. Pensez sans cesse à ce tribunal du Christ. Marchez de votre mieux dans le chemin de la sainteté.
Mais si vous vous laissez aller à critiquer les autres, vous aurez beau être un saint, c'est l'esprit de Satan qui sera en vous. Il suffit d'un seul jugement de ce genre, et l'enfer envahit votre coeur. Si vous vous êtes laissé aller à un jugement pareil, arrachez-le sans tarder, exposez-le au grand jour, dites à Dieu : "Mon Dieu, j'ai été coupable." Si vous ne le faites pas, vous vous endurcirez. Tout péché porte en lui sa propre punition, qui est l'endurcissement dans le péché. A la correction qui vient de Dieu peut s'ajouter ce renforcement du péché qui vient de lui-même, avec abondance. Ni vos efforts ni vos prières ne pourront vous arrêter sur la pente fatale : l'endurcissement vous aveugle, et vous ne sentez plus votre péché. Aucun pouvoir ne vous en délivrera, sinon l'entrée en vous du Saint-Esprit.
"Mais si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière..." Dans bien des cas, nous croyons marcher dans la lumière, alors que nous jugeons notre prochain selon nos propres vues. Le pire pharisaïsme aujourd'hui n'est pas l'hypocrisie, c'est l'inconscience qui perd pied, et n'est plus dans la réalité.

Le tunnel de la consternation




Jésus marchait devant, et ses disciples étaient consternés; ils le suivaient pourtant, mais plongés dans la crainte. Marc 10, v. 32.

Au début il nous semblait que nous comprenions Jésus-Christ tout à fait. Dans notre enthousiasme, nous étions prêts à tout quitter pour le suivre. Mais maintenant nous sommes indécis. Jésus est là, marchant devant nous, et son aspect est troublant.
Oui, l'aspect de Jésus, à certains moments, nous glace et nous consterne. Sa figure est étrange et rigide comme du granit :
j'en suis épouvanté. Ce n'est plus le Guide, le Compagnon : il paraît tout absorbé dans une préoccupation que je ne puis comprendre. Il marche devant moi sans jamais se retourner, vers un but que j'ignore. Je n'ose plus lui parler familièrement.
Jésus-Christ doit se préoccuper de tous nos péchés, de toutes nos tristesses, à nous pauvres humains. Voilà pourquoi il nous apparaît parfois troublant et mystérieux. Nous ne le comprenons plus alors, nous ne savons comment nous mettre à le suivre, ce Conducteur déconcertant, avec qui, semble-t-il, nous n'avons rien de commun.
Cette consternation est, dans notre vie de disciples du Christ, une discipline nécessaire. Ne soyons pas de ceux qui se fabriquent à eux-mêmes un enthousiasme factice. Les brandons qu'ils allument leur retombent dessus (Isaïe 50;10-11). Quand nous sommes dans le tunnel de la consternation, ayons patience, car au sortir des ténèbres nous trouverons la joie incomparable qu'on éprouve quand on en est devenu capable de suivre Jésus.

Obéissance




Ne savez-vous pas qu'en obéissant à un maître, vous devenez son esclave! Paul aux Romains 6, v. 16.

Si je veux me rendre compte à qui j'appartiens, j'ai tout d'abord à sentir ma responsabilité : car c'est en cédant à ce maître, en lui obéissant, que je suis devenu son esclave. Si je suis l'esclave de mon égoïsme, c'est ma faute, car c'est par ma faiblesse qu'il a triomphé de moi. De même, c'est en cédant à Dieu que je lui appartiens et que je puis lui obéir.
L'égoïsme auquel on cède tout enfant devient un tyran absolu. A un tel esclavage, nous ne pouvons pas par nous-mêmes échapper. Cédez ne fût-ce qu'une seconde à la convoitise. Vous savez ce que c'est que la convoitise de la chair ou la convoitise de la pensée ? "Il faut que j'aie cela tout de suite!" Vous aurez beau vous détester vous-même pour avoir cédé, vous êtes l'esclave de votre péché. Aucun pouvoir au monde ne pourra vous délivrer de cet esclavage, si ce n'est la Rédemption. Il faut vous abandonner totalement à Celui qui, seul, peut dominer le péché qui vous domine, à Jésus-Christ. "Il m'a consacré, pour annoncer la délivrance aux esclaves."
L'esclavage du péché se voit dans les plus petites choses. "Oh! je pourrai renoncer à cette habitude quand je voudrai. Vous ne le pourrez pas, vous en êtes l'esclave. Nous pouvons chanter : "Il brisera toutes nos chaînes" et rester absolument esclaves de nous-mêmes. C'est en vous abandonnant à Jésus sans réserve que vous lui permettrez de briser cette chaîne, comme toutes les autres.

L'abandon à Dieu




Alors Pierre se mit à lui dire : "Et nous! nous avons tout quitté pour te suivre." Marc 10 v. 28.

La réponse du Seigneur revient à dire que l'abandon doit être absolu, et non pas en vue d'un profit quelconque. Méfiez-vous d'un calcul de ce genre : "Je m'abandonne à Dieu pour être délivré du péché, pour devenir saint." Sans doute cela résultera de vos relations normales avec Dieu, mais calculer ainsi, c'est le contraire de l'esprit chrétien. L'abandon doit être absolu, sans viser à rien d'autre. Nous faisons avec Dieu une sorte de commerce. C'est comme si nous disions : "Seigneur, ce n'est pas Toi que je cherche, c'est moi-même. Je me veux pur et rempli du Saint-Esprit. Je veux que tu puisses me placer dans ta vitrine, où je pourrai dire : Voilà ce que Dieu a fait pour moi!" Si nous abandonnons à Dieu quelque chose avec l'idée que cela nous rapportera davantage, ce n'est pas le Saint-Esprit qui inspire notre abandon, c'est le plus bas intérêt commercial. Gagner le ciel, être délivré du péché, être utile à Dieu, cela ne doit pas entrer en ligne de compte dans le véritable abandon, qui est l'abandon souverain, à Jésus lui-même.
Quand nous trouvons devant nous nos affections et nos intérêts naturels, que devient Jésus-Christ ? nous lui tournons le dos, la plupart d'entre nous. "Oui, Seigneur, j'ai entendu ton appel. Mais il y a là ma mère, ma femme, ma situation; je ne puis pas aller plus loin." - "Alors, dit Jésus, tu ne peux être mon disciple."
Pour s'abandonner, il faut aller par delà nos bons sentiments. Mais si nous y parvenons, la grâce de Dieu se répandra sur ceux que vous aurez dû quitter. En vous abandonnant, ne vous reprenez pas. Pour combien d'entre nous l'abandon n'est au fond qu'une velléité!

Soyez vous-même un message vivant




Prêche la parole. II Timothée 4, v. 2.

Nous n'avons pas été sauvés seulement pour devenir "les canaux de la grâce divine", mais pour devenir les fils et les filles de Dieu. Nous ne sommes pas seulement des intermédiaires transmetteurs, nous sommes des messagers spirituels, et notre message doit faire partie de nous-mêmes. Le Fils de Dieu n'était pas simplement le porteur d'un message, il était le message lui-même, la Parole incarnée : les mots qu'il prononçait étaient esprit et vie. Si nous sommes ses disciples, notre vie doit être l'incarnation de notre message. Et que faut-il pour cela ? L'homme naturel est tout prêt à servir les autres, mais pour que notre vie soit vraiment l'incarnation de notre message, il faut que notre coeur ait été labouré par la conviction du péché, baptisé du Saint-Esprit, tordu et froissé en tous sens pour entrer comme il faut dans le dessein de Dieu.
Prêcher est plus qu'un simple témoignage. Celui qui prêche l'Évangile doit avoir fait passer dans sa propre vie l'appel de Dieu, être résolu à se donner tout entier pour y répondre. Dieu nous façonne et nous frappe pour expulser de nous toutes nos idées préconçues. C'est ce qui arriva aux disciples après la Pentecôte. La Pentecôte ne fut pas pour eux un enseignement nouveau. Elle fit de chacun d'eux l'incarnation de son message. "Vous serez mes témoins."
Que Dieu puisse agir librement à travers chacun de vous. Avant d'être un instrument pour libérer d'autres âmes, il faut que vous ayez été libéré vous-même. Ramassez votre bois, et, au moment de parler, mettez-y le feu.